[www.UnJourAParis.com, The story]

Il fallait bien que ça arrive. Déjà tout petit, je rêvais d'aller habiter à Paris, de travailler à "la défense". Mes vacances avec mes parents (et mon père titi parisien né dans le 18) dans la capitale faisaient grandir ma fascination d'année en année. Le planétarium du Palais de la découverte, la rue Mouffetard, Le centre Georges Pompidou, Les Halles... tout ça m'émerveillait... Sans parler des concerts, qui quand on a 17 ans, donnent envie de maudire sa Bretagne et ses concerts de Jean-Jacques Goldman comme seule réjouissance sonore... Surtout quand on est fan des Smiths, de Frank & Walters, Turin Brakes ou des Pixies...

Il fallait que je vive à Paris.

Alors à peine fini mon service militaire (les moins de 30ans ne peuvent pas comprendre...), je monte à la capitale pour y trouver un boulot qui me plait, et à la défense qui plus est. Quel pied ! Paris est à la hauteur de mes espérances. La ville Lumière, la ville où on ne s'ennuit pas (jamais), la ville où manger une pizza a 4h du matin est possible, la ville qui construit une plage tous les étés, et celle qui consacre toute une nuit à l'art...


Mais Paris...

Mais Paris, c'est aussi la ville de dingues et ses parisiens souvent peu respectueux de leur voisin urbain... Vivre à Paris use très vite et je me fâche rapidement contre ses habitants. Je comprends vite que pour continuer à aimer Paris, il faut en prendre de la distance. S'élever un peu au-dessus d'elle, oublier les coups d'épaules sur un trottoir de 10m de large, et les folies routières et insolentes des taxis trop abrutis pour ne pas vous foutre en l'air. Changer de regard, mettre le doigt et figer des instants sur les visages surpris, les murs salis et les batiments centenaires. Et n'avoir que cette image en tête. Ce figé de la belle ville. N'avoir dans la tête que "le baiser de l'Hôtel de Ville" de Doisneau, l'image parfaite du Paris qu'on aime. Cette photo parfaite sera mon Graal...

Alors après avoir fait beaucoup de photos avec un pauvre petit argentique, un petit numérique, je décide d'apprendre à saisir ces instants. Choisir mon flou, choisir mon grain, choisir la tonalité de ce que je vois et comme je le vois. Il faut que j'apprenne la photo. La photo comme celle qui a l'odeur de mes week-ends d'enfant a descendre à la cave et sentir les bacs de révélateur / fixateur lorsque mon père préparait ses agrandissements...

La photo numérique nous permet tout ça pour un moindre coût, si ce n'est l'investissement de départ de l'appareil et des softs qui vont bien. Alors en mai 2005, je me laisse tenter par les prix en chute d'un bon boitier reflex numérique Canon 300d et de moultes bouquins et documents sur la technique photographique.

J'avais les outils, j'avais mon sujet.

Et je me dis qu'avec toutes les merveilles que je découvre chaque jour de Paris, il doit être possible d'en faire une photo par jour. L'idée germe quand je tombe sur le photoblog de Joe, qui nous gratifie d'une photo de New York chaque jour, et je reste bouche bée. Je veux faire la même chose !
Unjouraparis.com était né.
L'apprentissage est rude, je fais 50 shoots pour une photo publiable... Mais j'apprends ! Autour de moi, les gens semblent apprécier mon regard sur la ville et cela m'encourage à continuer... Des escalators, un mur de métro, un gros monsieur qui prend une photo, des touristes japonais, l'inspiration est infinie... Et j'essaye de me réconcilier avec les parisiens, ces êtres bizarres qui hurlent et foncent dans le brouillard, sans qu'on sache vraiment où, en les figeant sous des pixels... Ma thérapie à moi en quelques sorte...

Ce que j'aime cette ville...



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